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Cryptozoologie
 
Actualité cryptozoologique (28)

 

Survivance du phoque-moine des Antilles

Le phoque-moine des Antilles (Monachus tropicalis) (figure 1), est considéré comme éteint depuis près d'un demi-siècle, aucune observation n'ayant été confirmée depuis 1952.


Figure 1 : phoque-moine des Antilles (dessin tiré de Balouet 1989).

Pourtant, I. L. Boyd et M. P. Stanfield ont publié récemment dans Oryx, le journal de la Preservation Fauna Society, les résultats d'une remarquable enquête qu'ils ont effectuée à Haïti et en Jamaïque en 1997 : elle tend à prouver la survivance actuelle de ce pinnipède, en utilisant une méthode éminemment cryptozoologique, à savoir l'appel à témoins.

Les deux auteurs ont interrogé 93 pêcheurs de ces deux îles, leur montrant des photos d'animaux marins divers de la région (barracudas, requins, lamantin), et de plusieurs pinnipèdes, dont le phoque-moine, mais aussi le morse et des phocidés n'appartenant pas à la faune de la région. 21 d'entre eux (soit 22,6 %) ont déclaré avoir observé le phoque-moine, dont 16 (plus des 3/4 des observateurs) au cours des deux dernières années ! Le nombre d'observateurs du phoque-moine est significativement plus élévé (p < 0,001) que celui des "observateurs" de morse et autres pinnipèdes absents de la région, pris comme test de contrôle : autrement dit, il y a moins d'une chance sur mille pour que l'écart constaté entre le nombre de personnes qui déclarent avoir vu un phoque-moine, et le nombre de ceux qui déclarent avoir vu un pinnipède n'appartenant pas à la faune locale (et donc soit affabulent, soit ont fait une erreur d'identification) soit le fruit du hasard. Inversement, le nombre d'observateurs n'est pas significativement différent (p < 0,1) du nombre d'observateurs de lamantins, qui survivent effectivement en très petit nombre dans les Caraïbes.
Les pêcheurs affirmant avoir observé le phoque-moine étaient en outre capables de donner des détails sur la taille ou la couleur de l'animal, parfaitement en accord avec ce pinnipède.

Boyd et Stanfield en concluent qu'il est hautement vraisemblable que le phoque-moine des Antilles survive encore dans les Caraïbes.

 

Pour en savoir plus :

BALOUET, Jean-Christophe
1989 Le grand livre des espèces disparues. Rennes, Editions Ouest-France : 56.

BOYD, I. L., and M. P. STANFIELD
1998 Circumstantial evidence for the presence of monk seals in the West Indies. Oryx, 32 [n° 4] : 310-316.

 

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