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Actualité cryptozoologique (94)

  

Le Trophée Jules Verne mérite bien son nom (janvier 2003)

    Dans son roman mondialement célèbre Vingt mille lieues sous les mers, Jules Verne imaginait le sous-marin du capitaine Nemo, le Nautilus, attaqué par des céphalopodes gigantesques. De manière moins dramatique, mais tout de même très spectaculaire, le fameux navigateur Olivier de Kersauson, qui court pour le Trophée Jules Verne (tour du monde à la voile en équipage), a eu la surprise de voir son voilier, le Géronimo, rencontrer un tel monstre marin dans l'Atlantique au large de Gibraltar !

    Dans une liaison par téléphone satellitaire, le skipper du trimaran géant déclarait le 13 janvier 2003 :

"J'étais à la barre, j'ai senti des vibrations anormales. C'était trop fort. Nous avons ralenti le bateau. On ne voyait pas bien ce que c'était. On a affalé les voiles, on a sorti les torches, on ne voyait rien. Didier Ragot est descendu dans l'habitacle pour chercher à comprendre de l'intérieur ce qui se passait. D'un seul coup il a vu quelque chose qui bougeait. C'étaient des tentacules."

    Didier Ragot, un des seconds de l'équipage, confirmait l'incident et affirmait notamment :

"J'ai vu une [sic] tentacule par le hublot de l'avant. Elle était plus grosse que la section de mon bras avec le ciré. Je me suis dit que ce devait être énorme. J'ai de suite pensé aux dégâts que cela pouvait causer. Ensuite une fois remonté et lorsqu'il s'est décroché et que je l'ai vu à l'arrière, il devait faire 7, 8 ou 9 mètres. Je n'en avais jamais vu un."

    Dans diverses déclarations rapportées par la presse, les marins et les journalistes confondent, suivant une erreur populaire assez commune, les mots de "poulpe" et de "calmar", qui désignent en fait deux ordres de céphalopodes bien distincts. Calmar est souvent orthographié "calamar", qui est en fait le terme culinaire pour ces céphalopodes. De même, la confusion entre "tentacule" (un substantif masculin que nombre de personnes, y compris des journalistes, croient être féminin) et "bras" est fréquente. Il est plus que probable, si l'incident rapporté est exact, qu'il s'agissait des bras (et pas des tentacules) d'un calmar géant Architeuthis (et pas d'un poulpe).

    Evidemment, connaissant la personnalité d'Olivier de Kersauson, célèbre pour ses mots d'esprit, ses histoires salées et ses blagues de collégien dans la célèbre émission radiophonique de Philippe Bouvard "les Grosses Têtes", on serait tenté de penser à une nouvelle plaisanterie de celui que l'on surnomme "l'Amiral". De même, que cet incident survienne au cours du Trophée Jules Verne, est presque trop beau pour être vrai, sans compter le nom d'un des témoins, Didier Ragot, tout un programme !
    Ceci dit, l'histoire du Géronimo est somme toute assez banale, et elle s'est déjà produite bien des fois — notamment, et de manière bien plus spectaculaire, lors de l'incident de l'Alecton en 1861 — il est après tout possible qu'elle soit parfaitement véridique.
    Il n'en reste pas moins qu'une photographie ou une vidéo eût été la bienvenue... On comprendra dans ces conditions qu'un tel témoignage suscite de notre part un mélange de scepticisme et de perplexité...

 

Pour en savoir plus :

ALBOUY, Gérard
2003 Le Trophée Jules Verne prend l'allure de "Vingt mille lieues sous les mers". Le Monde : 23 (15 janvier).

DELBECQ, Denis.
2003 Calmar géant pour le trophée Jules Verne. Libération : 20 (15 janvier).

 

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