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Actualité cryptozoologique (107)

  

Les cryptozoologues se trompent-ils sur l'éléphant nain ? (octobre 2003)

    Le dossier de l'éléphant nain d'Afrique ne cesse de rebondir, avec des contributions tantôt pour, tantôt contre son existence. La dernière en date, de tournure très négative, est publiée dans les Comptes Rendus de l'Académie des Sciences (figure 1) de juillet 2003, et porte sur une analyse génétique.

 


Figure 1 : les Comptes Rendus (Biologies)

    

    Depuis un siècle, les zoologistes ont distingué deux sous-espèces de l'éléphant d'Afrique : l'éléphant de savane (Loxodonta africana oxyotis), haut de plus de 3 m au garrot, et aux oreilles triangulaires ; et l'éléphant de forêt (Loxdonta africana cyclotis), haut de 2,50 m au garrot, et aux oreilles arrondies. Des études génétiques récentes tendent même à en faire deux espèces distinctes, Loxodonta africana et Loxodonta cyclotis.

    A côté de ces deux formes reconnues, on a signalé depuis le début du vingtième siècle une troisième forme éminemment controversée d'éléphant : l'éléphant nain ou éléphant pygmée (dwarf elephant ou pygmy elephant pour les Anglo-Saxons), qui vivrait dans les forêts marécageuses de l'Afrique équatoriale de l'ouest, et que le zoologiste allemand Noack avait baptisé Loxondonta pumilio ("éléphant plume") en 1906, d'après un spécimen captif au zoo de Berlin. L'étude de la croissance ultérieure de ce spécimen montre qu'il s'agissait en fait d'un individu juvénile de l'éléphant de forêt, et ce nom scientifique doit être invalidé.
    Toutefois, il existe une énorme documentation sur le problème de l'éléphant nain, et son existence semblait attestée par la tradition indigène, les témoignages de chasseurs occidentaux, des photographies et des films, et même des spécimens abattus ou capturés vivants.

    L'étude de 4 chercheurs du Muséum National d'Histoire Naturelle de Paris, Régis Debruyne, Arnaud Van Holt, Véronique Barriel et Pascal Tassy, porte sur l'ADN mitochondrial de 9 spécimens enregistrés en tant que "pygmées", comparé à celui de 8 éléphants de forêt, 3 éléphants de savane et 2 éléphants d'Asie (Elephas maximus).
    Leur conclusion est qu'il n'existe pas de barrière reproductive entre les éléphants de forêt typiques et les éléphants nains, et que l'on doit donc abandonner l'idée d'une espèce distincte.

    Bien que cette étude semble à première vue sonner le glas de l'éléphant nain, les 4 auteurs font preuve d'une grande prudence, affirmant dans leur conclusion :

"Il demeure toutefois possible que des populations locales d'éléphants de forêt aient évolué de façon convergente dans le sens d'une réduction globale de la taille. En somme, reconnaître que les éléphants pygmées ne constituent pas une espèce ne nie pas l'existence de tels animaux en tant que représentants d'un extremum local de variation au sein des éléphants de forêt."

 

Pour en savoir plus :

DEBRUYNE, Régis, Arnaud VAN HOLT, Véronique BARRIEL, and Pascal TASSY
2003 Status of the so-called African pygmy elephant (Loxodonta pumilio (NOACK 1906)) : phylogeny of cytochrome b and mitochondrial control region sequences. Comptes Rendus de l'Académie des Sciences, Biologies, 326 [n° 7] : 687-697 (juillet).

 

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