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Actualité cryptozoologique (145)

  

Coelacanthes des Salomon : jugement positif de Jerome Hamlin (octobre 2007)

     Près de 70 ans après sa découverte, le coelacanthe n'en finit pas de nous surprendre.

    Le premier spécimen de ce grand poisson appartenant à un groupe (les crossoptérygiens) que l'on croyait éteint depuis l'époque des dinosaures, à la fin de l'ère secondaire, fut pêché en 1938 au large de l'Afrique du Sud, et décrit l'année suivante par J. L. B. Smith sous le nom de Latimeria chalumnae.

    En 1952, un deuxième spécimen fut capturé aux Comores, et des dizaines d'autres dans les années qui suivirent furent pêchés dans cet archipel.

    Or, au cours des dernières années, on a recueilli des coelacanthes au large du Mozambique, au sud-ouest de Madagascar, au large de la Tanzanie, au large du Kenya, une population a été filmée sur les côtes sud-africaines mêmes dans la région de Sodwana, et une nouvelle espèce (Latimeria menadoensis) a été identifiée aux Célèbes au large de Manado Tua.
    Illustrant cette large répartition géographique, voici encore 3 informations récentes :
    - En mai-juin 2006, une équipe japonaise de l'Aquamarine Fukushima Aquarium a pu filmer 6 individus de l'espèce indonésienne, au moyen d'un robot télécommandé, par 170 m de profondeur, au large de Boul (350 km au sud-ouest de Manado Tua).
    - Le 18 mai 2006, un spécimen de Latimeria chalumnae de 1,71 m de long était capturé par 140 m de fond au large de Nosy Lava, à l'ouest de Madagascar, comme le rapporte Museum & Co de septembre 2007, le journal du Muséum d'Histoire Naturelle de Genève.
    - Et le 21 mai 2007, un nouvel exemplaire de Latimeria menadoensis de 1,31 m et 51 kg était pris par un pêcheur indonésien, Justinus Lahama, au large de Manado Tua.

    Mais bien plus extraordinaire encore est l'enquête de terrain effectuée par Jerome Hamlin, qui anime le site Internet www.dinofish.com. Ayant reçu par e-mail des informations sur la présence de coelacanthes dans l'archipel des Salomon, dans le Pacifique occidental, il a effectué un voyage sur place en août-septembre 2007, interrogeant des pêcheurs locaux, en leur montrant une image du coelacanthe mais aussi de 2 autres poissons ressemblant plus ou moins à ce dernier, utilisés comme leurres.
    Non seulement plusieurs personnes affirmèrent avoir pêché un poisson comme le coelacanthe montré en image par Hamlin (et qu'ils distinguaient nettement des mérous et autres poissons habituels de leur faune), mais ils apportaient des précisions montrant que leur témoignage est parfaitement crédible. Par exemple, concernant le poisson capturé par un certain Joseph, "il disait que la peau était rugueuse comme du papier de verre", ce qui dépeint parfaitement les écailles hérissées de piquants du coelacanthe. Un autre informateur, Peter Takolo, rapportait que "le corps était plein de graisse quand ils ouvrirent le poisson", ce qui est tout à fait exact chez le coelacanthe, et il ajoutait que "le poisson pesait 60 à 70 kg et avait une queue comme les éventails en feuille de palmier utilisés dans les îles" (figure 1), comparaison tout à fait judicieuse !


Figure 1 (à gauche) : éventail en feuilles de palmier tressées (photo Jerome Hamlin),
à comparer à la queue du coelacanthe (ci-dessus).

    Jerome Hamlin fait remarquer que les insulaires des Salomon utilisent une technique de pêche artisanale à grande profondeur (400 mètres, voire plus) très semblable à celle des pêcheurs des Comores, expliquant leurs succès respectifs pour attraper cet animal, même si les captures sont assez rares aux Salomon (plusieurs années entre chaque témoignage).

    S'agit-il de la même espèce qu'aux Célèbes (Latimeria menadoensis), dont l'aire de répartition s'étendrait ainsi à l'est de l'Indonésie, voilà qui reste à démontrer par une capture confirmée. Hamlin est en tout cas plutôt convaincu de l'authenticité de ces témoignages, et il a pris des dispositions pour être informé rapidement en cas de nouvelle capture.

 

Pour en savoir plus :

Anonyme
2007 Un coelacanthe dans un filet à requins. Museum & Co (Genève), n° 1 : 6 (septembre).

Le site Dinofish : www.dinofish.com

 

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