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Le cheval de Przewalski
(Equus przewalskii Poliakoff 1881)

(dernière mise à jour : 21 mai 2015)

 
en construction

 

Zoologie

Nom commun : cheval de Przewalski
Nom scientifique : Equus przewalskii
Classe : mammifères
Ordre : périssodactyles
Famille : équidés
Taille : 1,25 m au garrot
Poids :
300 kg
Habitat : Mongolie
Régime alimentaire : herbivore
Longévité : environ 30 ans

Description :
un cheval de petite taille, à la tête relativement grande, vivant naturellement à l'état sauvage.

 

Historique de la découverte

    Le cheval de Przewalski, la seule espèce de cheval authentiquement sauvage, semble connu depuis la préhistoire, puisque certains auteurs ont fait remarquer sa ressemblance avec les chevaux représentés sur les peintures et gravures rupestres du paléolithique en Europe occidentale. Quoi qu'il en soit, son aire de répartition était déjà très limitée au cours des temps historiques, et quand l'espèce fut décrite par Poliakov en 1881, il n'en subsistait que quelques centaines d'individus en Mongolie.

    A Maïkop, dans le nord du Caucase, a été découvert un vase en argent, datant de 2200 à 1800 avant notre ère, actuellement conservé au Musée de l’Hermitage à Saint-Pétersbourg (Russie). Il était décoré de représentations d’animaux, parmi lesquelles un lion et un cheval de Przewalski, reconnaissable à son cou épais, sa tête volumineuse, sa crinière dressée, et ses pattes robustes (Brentjes 1967).

    A Susa et à Tal-e-Malyan en Iran, on a découvert des pièces en ivoire avec un dessin d’un cheval de Przewalski daté de 2700 à 3000 avant JC.

    L'animal était évidemment parfaitement connu des autochtones, qui le nommaient takhi en mongol, kertag en kirghiz et jema (iema) en chinois. Le plus ancien rapport local semble être celui d'un moine tibétain, Bodowa, vers 900 de notre ère. Selon la tradition, le fameux Gengis Khan aurait été jeté à bas de son cheval (domestique !) en croisant le passage de chevaux sauvages, lors de sa campagne contre les Tangoutes en 1226.
    Il existe un rapport de 1630 d'un takhi offert à l'empereur de Mandchourie par un dignitaire mongol, Chechen-Khansoloj-Chalkaskyden, et un dictionnaire mandchou de 1771 définit le takhi comme "un cheval sauvage de la steppe".

    En fait, comme c'est le cas de nombre de grands animaux terrestres nouvellement découverts, ce cheval sauvage avait déjà été mentionné à plusieurs reprises par des voyageurs occidentaux. Le premier témoignage européen connu date du début du quinzième siècle, et vient de Johannes Schiltberger, un soldat noble bavarois. Capturé par les Turcs, il avait été envoyé chez Timour Lang (Tamerlan), puis vendu à un prince mongol du nom de Edigheï. Revenu après maintes péripéties dans sa Bavière natale, Schiltberger écrivit ses mémoires en 1427, et, détail piquant pour la cryptozoologie, il mentionne dans une même phrase l'almas, l'homme sauvage de Mongolie, qui attend toujours d'être découvert, et le cheval que nous connaissons aujourd'hui sous le nom de cheval de Przewalski :

    "Sur la chaîne des monts Arbouss [est du Tian Shan] vivent des hommes sauvages qui n'ont pas de demeures fixes. Leur corps est entièrement couvert de poils, sauf sur les mains et le visage. Ils errent dans les montagnes comme d'autres animaux, et se nourrissent de feuilles et d'herbes, et de tout ce qui leur tombe sous la main.
"Le souverain du pays en question a offert deux de ces hommes sauvages — un homme et une femme qu'on avait capturés dans les montagnes — ainsi que trois chevaux sauvages, pas plus grands que des ânes et qui vivent au pied de ces hauteurs."

    Trois siècles plus tard, c'est un médecin écossais du nom de John Bell, lors d'un voyage de 1719 à 1722 jusqu'en Chine, effectué à la demande du tsar Pierre le Grand, qui mentionna ce cheval sauvage :

    "Il y a, en outre, nombre de chevaux sauvages, de couleur marron, qui ne peuvent pas être apprivoisés, bien qu'on les capture quand ils mettent bas. Ces chevaux ne diffèrent en rien de l'espèce commune par la forme, mais ce sont les créatures vivantes les plus vigilantes. L'un d'eux attend toujours sur les hauteurs pour donner l'alerte au reste, et, à la moindre approche du danger, galope vers le troupeau, faisant tout le bruit qu'il peut ; sur quoi tous s'enfuient, comme autant de cerfs. L'étalon s'approche par l'arrière, hennissant, mordant et frappant du sabot ceux qui ne veulent pas courir assez vite. Malgré cette merveilleuse sagacité, ces animaux sont souvent surpris par les Kalmouks, qui chevauchent parmi eux, bien montés sur des chevaux rapides, et les tuent avec de larges lances. Ils estiment leur chair comme une excellente nourriture, et utilisent leur peau pour y dormir au lieu d'une couche."

    Pourtant, ce n'est que lors de l'expédition en Mongolie de Nikolaï Przewalski (figure 1) en 1878, que ce dernier obtint un crâne et une peau d'un cheval sauvage abattu récemment (il en observa deux troupeaux lors d'une nouvelle expédition en 1880). Ces pièces anatomiques furent étudiées par Poliakov, un zoologiste de Saint-Pétersbourg, qui décrivit cette nouvelle espèce sous le nom d'Equus przewalskii en l'honneur de l'explorateur russe.


Figure 1 : Nikolaï Przewalski

    Déjà très menacé au moment de sa "découverte" scientifique officielle, le cheval de Przewalski s'est encore raréfié dans les décennies qui ont suivi, et les dernières observations remontent à 1966. Considéré comme éteinte à l'état naturel, l'espèce est encore préservée grâce à des spécimens vivants conservés dans divers zoos, laissant espérer une réintroduction dans son milieu naturel.

 

 

Bibliographie

BELL, John
1788 Travels from St. Petersburgh in Russia to various parts of Asia. Edinburgh, printed for William Creech, 1 : 256-257.

BRENTJES, Burchard
1965 Przewalskipferde in Vorderasien ? Säugetierkundliche Mitteilungen, 15 : 6-13.
1967 Einige Darstellungen des Przewalsipferdes aus Vorderasien und Kaukasien. Equus, 1 [n°1] : 285-291.

BOYD, Lee, and Katherine A. HOUPT
1994 Przewalski's horse — The history and biology of an endangered species. New York, State University of New York Press.

OUSTALET, E.
1902 Le cheval sauvage de la Dzoungarie ou cheval de Prjevalski. La Nature, 30 : 99-103.

POLIAKOV, I. S.
1881 Le cheval de Przewalski [en russe]. Известия Императорского Русского географического общества (Nouvelles de la Société Russe Impériale de Géographie), 17 : 1-20.
1881 Supposed new species of horse from Central Asia. Annals and Magazine of Natural History, 8 : 16-26.

ROSTOVZEV, M.
1920 L’âge du cuivre dans le Caucase septentrional et les civilisations de Soumer et de l'Égypte protodynastique. Revue Archéologique, 5ème série, 12 : 1-37, planche IV (juillet-décembre).

SCHILTBERGER, Johannes
1859 Reisen des Johannes Schiltberger aus München in Europa, Asia und Afrika von 1394 bis 1427. München : 88-89.

TROUESSART, E.
1890 Le cheval sauvage de la Dzoungarie. La Nature, 18 : 369-371 (17 mai).

 

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