Institut Virtuel
de
Cryptozoologie
 

 

LE PAPILLON "PREDIT" DE MADAGASCAR :
UN SUCCÈS MÉCONNU DE LA CRYPTOZOOLOGIE
par Michel Raynal

 (dernière mise à jour : 22 mai 2009)

 

    La cryptozoologie n'est pas la science des animaux géants inconnus, contrairement à ce que croient nombre de personnes mal informées, y compris d'ailleurs certains cryptozoologues autoproclamés : la cryptozoologie ne s'intéresse pas qu'aux gros gabarits, brontosaure survivant par exemple. La fausseté de cette idée reçue a été démontrée, chiffres à l'appui, par Bernard Heuvelmans (1986) et par Michel Raynal (1987). La taille des animaux inconnus ne saurait donc être un critère.
    Il est vrai qu'en général une taille minimum est requise : en effet, comme la cryptozoologie se base surtout sur les témoignages de simples individus, il est évident que pour être observé, et retenir l'attention, l'animal doit avoir une taille suffisante. Évidemment, celui qui observe un oiseau inconnu de la science de la taille d'un moineau, ignorera que tel est le cas, à moins d'être un spécialiste : sans doute n'y fera-t-il même pas attention. Si par contre il s'agit de l'observation d'un très gros animal, point n'est besoin d'être grand clerc pour supposer qu'on est en présence d'une créature inconnue. Mais cela n'est pas une règle absolue : des couleurs vives, un comportement spécial, etc., peuvent tout aussi bien faire l'affaire.
    Bauer et Russell (1988) ont d'ailleurs suggéré une recherche intensive en "microcryptozoologie", à savoir de petits animaux non-identifiés, qui sont tout à la fois plus nombreux et plus faciles à capturer, mais Dethier (1988) faisait remarquer :
"S'ils [ces petits animaux inconnus] ne sont pas connus des indigènes, ils sont, bien sûr, hors du champ de la cryptozoologie."

    Cette affirmation, bien que généralement exacte, n'est pas une règle absolue. La définition de la cryptozoologie par Bernard Heuvelmans (1988) est en effet beaucoup moins restrictive : la recherche de formes animales "dont l'existence peut être établie sur la base de preuves testimoniales, circonstancielles, ou autoscopiques considérées comme insuffisantes par d'aucuns".
    Il s'ensuit que même si aucune observation ou tradition n'est disponible, une approche cryptozoologique est encore possible : il suffit d'avoir une information préalable quelconque, permettant de prévoir l'existence d'une forme animale inconnue (donc sur la base de preuves circonstancielles).
    C'est ainsi qu'on a "prédit" en 1989 l'existence d'une espèce inconnue de lézard des Guyanes, d'environ 10 cm de long, provisoirement nommée Gymnophthalmus sp., à partir de l'étude de femelles G. underwoodi se reproduisant par parthénogenèse : ce sont en fait, comme le montre leur caryotype, des hybrides entre une espèce connue (G. speciosus) et une autre restant alors à découvrir (Anonyme 1989, Cole et al. 1990). La découverte ultérieure de l'autre espèce-mère au Vénézuéla, Gymnophthalmus cryptus, est venue démontrer le bien-fondé de cette hypothèse.

    C'est aussi le cas d'un petit animal — un papillon ! — dont l'histoire est une des plus belles victoires d'un état d'esprit authentiquement cryptozoologique, bien qu'elle soit ignorée curieusement de la plupart des cryptozoologues.

    Pour ses adversaires, la cryptozoologie est une forme de chasse au dahu : elle poursuit des chimères, et n'a donc jamais obtenu le moindre résultat positif. Cette affirmation répétée témoigne d'une grande ignorance de l'histoire de la zoologie, ou d'une mauvaise foi délibérée : le calmar géant (Architeuthis), l'okapi (Okapia johnstoni), le paon congolais (Afropavo congensis), pour ne citer que ces trois, ont été "prévus" cryptozoologiquement. Et j'ai dressé une liste impressionnante des succès obtenus par la cryptozoologie pour la seule période 1986-1988 (Raynal 1989).

 

Le papillon prédit

    En 1862, le célèbre naturaliste Charles Darwin (figure 1) publia un ouvrage sur la biologie des orchidées. En venant à l'étude des angraécoïdes, il remarquait que ce groupe d'orchidées était pollinisé par des insectes spécifiques. Une de ces orchidées, Angraecum sesquipedale, originaire de Madagascar, découverte au début du dix-neuvième siècle par le botaniste Du Petit-Thouars, se caractérisait par son très long éperon :

"Dans plusieurs fleurs que m'a envoyées Mr. Bateman, j'ai trouvé des nectaries de onze pouces et demi [29 cm] de long, avec seulement le pouce et demi inférieur [4 cm] rempli d'un nectar très doux. [...] Il est cependant surprenant qu'un insecte soit capable d'atteindre le nectar : nos sphinx anglais ont des trompes aussi longues que leur corps; mais à Madagascar il doit y avoir des papillons avec des trompes capables d'une extension d'une longueur comprise entre dix et onze pouces ! [25-30 cm]" (Darwin 1862).

Figure 1 : Charles Darwin (1809-1882)

    Darwin fit ensuite une expérience sur cette orchidée. Il prit un cylindre, d'un dixième de pouce (2,5 mm) de diamètre, et l'introduisit dans le rostrellum :

"De cette façon seulement, je réussis à chaque fois à ramener les pollinies; et on ne peut pas douter, je pense, qu'un grand papillon doit agir ainsi; à savoir en introduisant sa trompe jusqu'à la base, à travers la fente du rostrellum, de façon à atteindre l'extrémité de la nectarie; et ensuite en retirant sa trompe avec les pollinies qui s'y sont collées."

    Cet insecte affecterait évidemment la fertilisation de l'orchidée, et Darwin concluait par la survivance de cet insecte sur la base d'arguments écologiques :

"Les pollinies ne seraient pas enlevées tant qu'un énorme papillon, avec une trompe extraordinairement longue, n'essaye pas de faire couler la dernière goutte. Si ces grands papillons venaient à s'éteindre à Madagascar, assurément l'Angraecum s'éteindrait aussi."

    Dans une lettre publiée dans le numéro du 12 juin 1873 de Nature, W. A. Forbes demanda aux lecteurs de ce prestigieux magazine scientifiques britannique, s'ils avaient connaissance de l'existence de tels papillons à Madagascar. Et il avança une identification :

"Ce sont probablement des sphingidés de quelque espèce, car aucun autre papillon ne pourrait combiner une taille et une longueur de trompe suffisantes." (Forbes 1873).

    Herman Müller, dans le numéro du 17 juillet de la même année, fit savoir que son frère avait ramené du Brésil un sphinx "dont la trompe a une longueur de près de 0,25 mètre", démontrant que le papillon de Darwin n'était nullement impossible (Müller 1873).
    Dans la deuxième édition de son livre (1877), le père de la sélection naturelle s'appuya sur cette découverte, en faisant cette remarque :

"Ma croyance [en un tel papillon] a été tournée en ridicule par certains entomologistes, mais nous savons maintenant grâce à Fritz Müller qu'il y a un sphinx dans le sud du Brésil qui a une trompe d'une longueur presque suffisante, car quand elle était sèche, elle avait entre dix et onze pouces [25-27 cm] de long. Quand elle n'est pas érigée, elle est enroulée en une spirale d'au moins vingt tours." (Darwin 1877).

    Entre-temps, Alfred Russel Wallace (figure 2), un des disciples de Darwin et le père de la biogéographie, commenta lui aussi longuement cette orchidée, d'abord dans un article pour le Quarterly Journal of Science en 1867, puis dans un livre intitulé Contributions to the theory of natural selection en 1871, et il en vint à la même conclusion :

"Chez Angraecum sesquipedale, il est nécessaire que la trompe soit forcée dans un endroit particulier de la fleur, et ceci n'est fait que par un très grand papillon enfonçant sa trompe jusqu'à la base même, et buvant le nectar du fond du long tube, dans lequel il n'occupe qu'une profondeur d'un ou deux pouces [2,5-5 cm]."

Figure 2 : Alfred Russel Wallace (1823-1913)

    Wallace suggérait même une co-évolution de la plante et de son insecte pollinisateur, et il fit un rapprochement qui devait s'avérer judicieux :

"Je puis mentionner ici que certains grands sphinx des tropiques ont des trompes aussi longues que les nectaries d'Angraecum sesquipedale. J'ai mesuré avec soin la trompe d'un spécimen de Macrosilia cluentius [=Cocytius cluentius] d'Amérique du Sud, dans les collections du British Museum, et j'ai trouvé qu'elle avait neuf pouces un quart [23,5 cm] de long ! Un d'Afrique tropicale (Macrosilia morgani) [=Xanthopan morgani] a une trompe de sept pouces et demi [19 cm] de long et pourrait atteindre le nectar des plus grandes fleurs d'Angraecum sesquipedale, dont les nectaries varient de dix à quatorze pouces [25-30 cm] de long. Qu'un tel papillon existe à Madagascar peut être prédit avec sûreté ; et les naturalistes qui visitent cette île devraient le chercher avec autant de confiance que les astronomes ont cherché la planète Neptune, et je me hasarde à prédire qu'ils seront autant couronnés de succès !" (Wallace 1871).

    Cette remarque finale était une allusion à l'astronome allemand Galle : celui-ci avait cherché et trouvé la planète Neptune, après que le mathématicien français Le Verrier ait prédit son existence et sa position, à partir des perturbations de l'orbite d'Uranus, alors la dernière planète connue du système solaire -- un "classique" dans l'histoire des sciences, maintes fois cité pour son exemplarité en épistémologie.

    Wallace poussait même la témérité jusqu'à publier un dessin hypothétique du papillon inconnu, en train de polliniser l'orchidée malgache (figure 3).


Figure 3 : le papillon mystérieux imaginé par Wallace (1867)

 

    Quant à la suggestion par Wallace d'une étroite parenté du papillon prédit par Darwin avec le grand sphingidé d'Afrique tropicale, Xanthopan morgani, bien connu pour sa longue trompe (environ 20 cm de long), elle était tout à fait judicieuse et prophétique.
    En effet, ce cryptolépidoptère (s'il est permis d'utiliser ce néologisme), fut découvert et décrit 41 ans (!) après la prédiction de Darwin : il appartenait bien à cette espèce, mais en représentait une sous-espèce nouvelle, que ses descripteurs, Rothschild et Jordan (1903), nommèrent Xanthopan morgani praedicta, c'est-à-dire "prédit", ce qui est amplement mérité. L'insecte a une envergure de 13 à 15 cm, il est d'une couleur de feuille morte légèrement rosée, et possède effectivement une trompe démesurée de 25 cm de long (figure 4).


Figure 4 : le papillon Xanthopan morgani praedicta
et l'orchidée Angraecum sesquipedale
(photo : Marcel Lecoufle, 1981)

    Chose étonnante, Wallace ne semble pas avoir eu connaissance de la confirmation de son hypothèse. Dans une lettre à Nature datée du 17 janvier 1907, et publiée dans le numéro du 31 janvier, E. W. Swanton rappelait l'hypothèse de Wallace sur l'existence d'un papillon apte à fertiliser l'orchidée malgache, et s'interrogeait :

"Quelqu'un aurait-il l'amabilité de me dire si la prophétie a été accomplie ; et si c'est le cas, quand, et quel est le nom du papillon ?"

    Dans le même numéro de Nature, Wallace répondait qu'il n'avait pas entendu parler d'un papillon malgache avec une trompe de longueur exceptionnelle, ignorant donc la description de Rothschild et Jordan faite 4 ans auparavant ! 

    On doit à la vérité de dire que Rothschild et Jordan, dans leur description de 1903, n'avaient publié ni photographie, ni dessin, du Xanthopan morgani praedicta (uniquement des détails de l'anatomie, d'après un spécimen de Madagascar présent dans la collection de l'entomologiste amateur Charles Oberthür). Ce n'est qu'en 1920 qu'Oberthür, justement, répara cette lacune dans une planche couleur (figure 5) dans le dix-septième fascicule de ses Etudes de lépidoptérologie comparée : ayant repris l'imprimerie de son père, il était évidemment bien placé pour publier lui-même des ouvrages de ce type.


Figure 5 :

Xanthopan morgani praedicta (le plus grand des 4)
photographié par Charles Oberthür (1920)

    La situation au début du vingtième siècle était donc la suivante : il était prouvé qu'un papillon ayant une trompe de 25 cm de long vivait effectivement à Madagascar, et qu'il était donc apte à féconder l'orchidée Angraecum sesquipedale. Des observations ultérieures en serre tropicale montrèrent que Xanthopan morgani praedicta butinait bien cette orchidée malgache (figure 4), mais comme le soulignait encore en 1965 Carl T. Ramsey, ce comportement n'avait jamais été observé dans la nature à Madagascar. Aussi étonnant que cela puisse paraître, il fallut attendre la fin du vingtième siècle, avant que Wasserthal (1997) puisse filmer la scène sur le vif (figure 6).


Figure 6 : la pollinisation d'Angraecum sesquipedale par Xanthopan morgani praedicta
photographiée dans la nature à Madagascar par Wasserthal (1997)

 

    En tout cas, cette contribution à la cryptozoologie est des plus spectaculaires: elle concerne la prévision, sur des bases circonstancielles seulement, d'une sous-espèce inconnue (et avec quelle précision !), dont l'existence et l'identification ont été confirmées expérimentalement a posteriori. A peu près à la même époque, on enregistrait la découverte, également "prédite", de l'okapi (Okapia johnstoni)...

 

Un deuxième papillon inconnu ?

    L'histoire, dit-on, est un éternel recommencement : en 1991, l'entomologiste américain Gene Kritsky, un spécialiste des cigales au Mount Saint Joseph on the Ohio College à Cincinnati, a effectivement émis une hypothèse semblable à celle de Darwin.
    Une autre espèce d'orchidée malgache, Angraecum longicalcar, possède en effet un éperon végétal encore plus profond qu'Angraecum sesquipedale, environ 16 pouces (40 cm). En conséquence, Gene Kritsky a prédit l'existence d'un autre grand sphingidé inconnu à Madagascar, dont la trompe doit mesurer 15 pouces (38 cm) de long (Kritsky 1991, Angier 1992). L'histoire se plait décidément à bégayer, puisqu'un lépidoptériste du Muséum National d'Histoire Naturelle de Paris a qualifié cette hypothèse de "farfelue", comme jadis certains de ses prédécesseurs avaient "tourné en ridicule" celle de Darwin.

    Il est à souhaiter que la répétition du scénario n'aille pas jusqu'au temps mis à capturer le papillon en question : espérons en effet que Gene Kristky n'ait pas à attendre 41 ans avant qu'on lui donne raison...

 

Remerciements

    Je tiens à remercier pour leur aide : Arne Erpenbach (Nees-Institut für Biodiversität der Pflanzen, Rheinische Friedrich-Wilhelms-Universität, Bonn, Allemagne), Marcel Lecoufle (orchidophile, Boissy Saint-Léger), Gene Kritsky (Mount Saint Joseph on the Ohio College, Cincinnati), et Joël Minet et Jean Orousset (tous deux du laboratoire d'Entomologie, Muséum National d'Histoire Naturelle, Paris).

 

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